Culture maritime · évolution réglementaire

Radio VHF et permis plaisance : ce qui a changé

La réglementation radio a profondément évolué depuis 2011. Ce dossier replace les principaux changements dans leur contexte et rappelle les règles aujourd’hui applicables.

Vérifié le 30 juillet 2026
2011 intégration de la VHF au permis plaisance
2022 passage de l’examen à 40 questions
2026 dernière vérification éditoriale

De l’annonce à la règle actuelle

Au tournant des années 2010, les pouvoirs publics ont simplifié l’usage de la VHF pour les plaisanciers naviguant en France. Les connaissances radio ont été intégrées au programme du permis plaisance. Depuis 2011, le CRR n’est plus exigé dans les eaux territoriales françaises pour une VHF portative sans ASN de 6 watts maximum.

Pour une VHF fixe ou portative avec ASN, le permis plaisance maritime ou le CRR reste nécessaire en France. À l’étranger, le CRR maritime est requis. La station doit par ailleurs disposer d’une licence radiomaritime à jour.

L’examen côtier a lui aussi évolué

Depuis le 1er juin 2022, l’épreuve théorique des options de base comporte 40 questions et admet cinq erreurs. Elle est organisée sur tablette par des opérateurs indépendants. Cette évolution a renforcé la place des mises en situation visuelles et demande une préparation plus large que la simple mémorisation de séries.

Le format de l’examen ne modifie pas les responsabilités du chef de bord. Reconnaître un balisage, appliquer une règle de route ou choisir un équipement n’a de sens que si la réponse peut être reliée à une décision sûre en navigation.

Pourquoi la VHF reste un outil central

La VHF permet de recevoir les messages de sécurité, d’écouter les informations portuaires et d’appeler les secours ou les navires proches. Contrairement au téléphone, un message radio peut être entendu par plusieurs stations présentes dans la zone. Cette diffusion collective est particulièrement utile lorsqu’un bateau en difficulté ne connaît pas le numéro d’un interlocuteur ou lorsque le réseau mobile devient incertain.

La simplicité apparente du micro ne dispense pas d’apprentissage. Avant une sortie, l’équipage doit savoir mettre la radio sous tension, régler le volume et le silencieux, sélectionner la voie 16 et donner une position intelligible. Le nom du bateau, l’indicatif radio et le MMSI doivent rester accessibles près du poste. Un message bref, structuré et prononcé calmement sera mieux compris qu’une conversation improvisée.

ASN, MMSI et licence : trois notions distinctes

L’appel sélectif numérique, ou ASN, est une fonction de détresse et d’appel automatisé. Lorsqu’il est correctement relié à une source de position et programmé avec le MMSI du navire, il peut transmettre une alerte structurée. Le MMSI est l’identifiant à neuf chiffres de la station du navire ; il ne doit pas être copié d’un bateau à un autre.

La licence radiomaritime concerne l’installation radio embarquée. Elle est gratuite, renouvelée chaque année et doit refléter les équipements réellement présents à bord. Le CRR concerne la compétence de l’opérateur, tandis que le permis plaisance peut tenir lieu de titre radio dans certaines situations limitées aux eaux territoriales françaises. Vérifier séparément le matériel, la licence, l’identifiant et le titre de l’utilisateur évite les confusions.

Une vérification avant chaque projet de navigation

Les règles applicables varient selon le type de VHF, la présence de l’ASN et la zone de navigation. Un plaisancier qui reste en France avec une petite VHF portative n’est pas dans la même situation qu’un équipage partant à l’étranger avec une installation fixe. Le pavillon du bateau et les règles du pays visité peuvent également entrer en jeu.

Avant d’équiper le navire ou de franchir une frontière maritime, consultez l’Agence nationale des fréquences et les autorités du pays concerné. Conservez la licence à bord, contrôlez la programmation du MMSI et entraînez-vous aux procédures sans émettre de fausse alerte. La technologie aide seulement si l’équipage sait l’utiliser au bon moment.